La psychologisation de la gentillesse ou les gentils en sursis !

« Cessez d’être gentil ! » prêche Thomas d’Asembourg qui prêche le « vrai » ; ….il est « gentil » voire « trop gentil » dirait un quidam à propos de quelqu’un.
Mais alors ! où place t-on le fameux « sois gentil » de notre enfance ? car même si l’injonction du « sois » manqua d’élégance, nos anciens ont néanmoins eu le mérite de nous le rappeler . Avez-vous déjà entendu vos parents vous dirent : « sois authentique et vrai » « centre toi sur l’autre » « sois empathique avec tes copains » et « écoute toi pour mieux écouter les besoins de tes ami(e)s » ? ….

Alors quoi ! si maintenant nous devions ranger notre bonté qu’est-ce qu’il nous resterait ! Car après tout, une gentillesse sans artifice et encore plus un excès de celle-ci, fait du bien et cela serait dommage de s’en priver surtout dans le milieu professionnel que l’on décrit comme dur, contraint et brutal.
Arrêtons la psychologisation de nos attitudes, laissons les vivre et profitons de leurs apports et de leurs bénéfices. Soyons nous même en vérité… avec nous même…, sans contraindre nos comportements pour qu’ils répondent à des formulations de coachs bien formé(e)s : « centre toi sur l’autre » ; « écoute tes besoins et celui de l’autre » ; « sois vrai et authentique » ! bref du verbiage qui ne peut qu’être entendu que par des personnes qui s’interrogent sur elles-mêmes, une minorité en somme. Et encore ! combien de professionnels de l’accompagnement dont je fais partie d’ailleurs, s’arrêtent sur ces concepts qui ne leurs sont plus étrangers et exercent réellement une analyse des besoins des uns et des autres avant de s’engager dans la forme relationnelle la plus belle qui soit : celle d’être bon et gentil pour l’autre et d’être dans le don. Ceci ne relève t-il pas d’une position authentique ? N’est-ce pas être vrai ?
Et puis, il y a parfois bien plus de risques d’être vrai que d’être gentil : allons dire avec vérité et authenticité à notre manager ou directeur, ce que vous pensez vraiment de la stratégie commerciale de votre entreprise et ce, même en étant un pro de la CNV…(communication non violente)
Thérapiser la relation au risque de lui donner une forme superficielle en s’inquiétant par exemple du danger de sa propre gentillesse, si l’autre en profite, peut être relatif d’un manque de confiance. Et c’est de plus et de loin adopter une position non naturelle, fabriquée par intérêt de se protéger.

Alors vive les gentils et « soyons gentils », tout simplement pour nous lier les uns aux autres dans un monde dans lequel il fait bon vivre. Juste une question d’optimisme et de confiance… en l’autre 😉

Gentil. ille : est introduit avec les sens latin (1050) de « noble de naissance » et « noble de cœur »…

 

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