L’entreprise libérée et les principes fondamentaux de l’Appreciative Inquiry

Conseil & Recherche, dans son rapport de recherche collaborative sur ce qu’il est maintenu convenu d’appeler « l’entreprise libérée » offre une synthèse des actions caractéristiques de telles entreprises[1]. Certaines se rapprochent des principes fondamentaux de l’appreciative inquiry même si cette démarche ne prétend pas changer la structure des organisations mais plutôt leur permettre de construire leur vision, leur fonctionnement et leur réussite à partir de leurs forces et de leurs aspirations.
Fabriquer du sens ensemble et créer une vision partagée, que l’on trouve au départ des expériences des entreprises étudiées, suppose d’adhérer à un présupposé sous-jacent : c’est en construisant des images mentales du futur que l’on se donne envie de se diriger vers celui-ci et qu’on a le plus de chances de le faire exister. La démarche appréciative nomme ce présupposé, principe d’anticipation et déclare que « L’image inspire l’action ». Et bien sûr plus ces images du futur sont positives, plus les actions présentes le sont également.
Mais, dans cette fabrique du sens ne figure pas que l’élaboration d’une vision, on y trouve également l’idée de partage et de construction ensemble par les dialogues, les conversations et les échanges. L’idée est que la réalité n’est pas donnée et immuable, extérieure aux personnes de l’entreprise mais bien plutôt le produit d’une construction en commun par ces échanges.
Ceci rejoint ce que l’on nomme le principe constructiviste ou constructionniste, illustré par la phrase : «  Nos mots construisent notre monde »
Les mots que nous partageons, sont alors le support d’une réalité co-construite et les échanges pour découvrir les forces de l’entreprise, imaginer le futur et en réaliser le design sont une mobilisation de l’intelligence collective. La libération de la parole est bien sûr au cœur de l’entreprise libérée.
Un autre point intéressant me semble être l’affirmation de l’autonomie, voire de la liberté des salariés dans l’entreprise : journées de libération inspirantes, invention des étapes du processus de libération, auto-organisation des collaborateurs et répartition libre des rôles dans les équipes, etc. Ce principe de liberté est également central dans l’approche appréciative : il est préalable à l’engagement dans toute action et son respect permet de susciter un engagement plein et entier des personnes dans la vie collective.
Enfin, l’entreprise libérée consulte beaucoup et souvent tout le monde, nous pensons aussi que plus le système est considéré dans sa totalité, plus on prend le temps de construire avec tous, non pour bâtir une organisation définitive mais pour vivre une organisation vibrante et ouverte, plus l’entreprise a des chances de rendre son personnel heureux et de rendre les meilleurs services à la société.

[1] Conseil & recherche, Rapport de recherche collaborative, L’entreprise libérée, 2016

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